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La gestion intégrée des soins de santé

lundi 13 mars 2006, par Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé

Parlez de gestion intégrée des soins de santé à un Canadien et il répondra que c’est une des raisons de conserver le régime public d’assurance maladie du Canada. Les Canadiens sont inquiets face à aux organismes de soins intégrés de santé (OSIS) de grande envergure et impersonnels. En effet, on pense souvent aux aspects négatifs de la gestion intégrée des soins telle qu’exercée aux États-Unis (choix réduit de médecins, nombre limité de services couverts, retards ou refus de traitement, etc.).

La gestion intégrée des soins de santé reçoit souvent une mauvaise publicité. Même s’il n’existe pas de système de santé parfait, certains OSIS américains ont progressé dans un grand nombre de secteurs : amélioration des soins aux malades chroniques et interventions préventives, réduction du taux d’utilisation des hôpitaux et amélioration de la pratique des médecins.

La gestion intégrée des soins de santé

La gestion intégrée des soins de santé correspond à une variété de systèmes de santé, dont certains contrôlent les coûts principalement en passant des contrats avec des médecins à de moindres frais et en limitant le choix de médecins pour les patients.

Ce type de gestion comprend des OSIS, qui emploient directement des médecins ou concluent des contrats avec des groupes de cliniciens pour fournir les services. Pour être couverts par l’assurance, les patients doivent habituellement choisir un médecin de première ligne, lequel pré autorise les tests, les visites chez les spécialistes et autres services. Dans les OSIS, les économies réalisées grâce à une meilleure utilisation des services (hôpitaux et tests d’IRM, par exemple) peuvent être partagées avec les clinicien Les organismes de gestion intégrée des soins mettent souvent l’accent sur la gestion des maladies chroniques et sur les soins préventifs dans l’espoir d’éviter les soins de courte durée ultérieurs. Par exemple, en 1996, Kaiser Permanente, le plus important OSIS aux États-Unis, a créé un programme de gestion intégrée des soins pour traiter le diabète. En utilisant les meilleures données probantes disponibles, Kaiser a élaboré des lignes directrices de traitement. Puis, en collaboration avec ses médecins, l’organisme a mis en oeuvre un plan pour améliorer le contrôle du taux de glycémie pour les patients souffrant de diabète.

Une autre innovation qui est de plus en plus utilisée est le « modèle de traitement des maladies chroniques » conçu par Group Health Cooperative, OSIS sans but lucratif de Seattle. Ce modèle désigne six « piliers » permettant d’assurer des services de qualité aux malades chroniques, notamment l’établissement de liens entre les organismes de santé et les ressources communautaires, et l’enseignement aux patients de compétences pour mieux gérer la maladie. Des études effectuées auprès d’organismes ayant mis en oeuvre des éléments du modèle indiquent des améliorations dans la qualité des services offerts aux malades chroniques. En dernier lieu, des études effectuées au American Veterans Affairs (États-Unis) ont démontré des améliorations remarquables dans le traitement des maladies chroniques depuis le milieu des années 1990, alors qu’on y a adopté un système de gestion intégrée des soins de santé. Les améliorations portent, entre autres, sur le traitement du diabète et de l’hypertension, ainsi que sur le dépistage et le traitement de la dépression. Certains OSIS obtiennent également de bons résultats en matière de soins préventifs.

On a effectué des études sur les OSIS et le Veterans Health Administration, ainsi que sur l’option de Medicare pour la gestion intégrée des soins, laquelle permet aux personnes âgées de souscrire un tel régime de gestion afin de recevoir plus de services qu’à l’intérieur de l’option traditionnelle de paiement à l’acte. Ces études indiquent une augmentation des services de prévention comme la vaccination, les consultations pour cesser de fumer, le dépistage de certains types de cancer et le contrôle régulier de la pression artérielle.

Parlons argent

Puisque l’hôpital est habituellement l’endroit le plus coûteux pour traiter les patients, les OSIS (et, en réalité, tous les systèmes de santé) cherchent des moyens d’offrir des services dans d’autres types d’établissements que ceux de soins de courte durée, tout en fournissant les meilleurs services possible. Même s’il est toujours délicat de comparer les populations hospitalières, le Veterans Affairs a pu, au cours des quatre ans qui ont suivi sa réorganisation, réduire de 50 p. 100 le taux d’occupation de lits par jour, sans que cela ne modifie le taux de mortalité des patients. Le taux d’occupation de lits par jour du British National Health Services est 3,5 fois plus élevé que celui de Kaiser. Finalement, une étude approfondie du système de santé des États-Unis a révélé que le taux d’admissions inappropriées dans les hôpitaux était plus important pour les patients participant au système de paiement à l’acte que pour les patients du Group Health Cooperative.

Amélioration du rendement

Un autre aspect à souligner au sujet de la gestion intégrée des soins de santé est sa capacité de fournir aux médecins une rétroaction au sujet de leur rendement. Bien que ces renseignements servent à planifier le paiement de primes et à déterminer quels médecins coûtent le plus cher au système (en termes de prescriptions de tests, d’aiguillage vers les spécialistes, etc.), ils servent également pour la gestion de la qualité. Grâce à la rétroaction, les médecins savent, par exemple, s’ils ont contrôlé suffisamment de patients pour le cancer ou s’ils ont administré le nombre de vaccins antigrippaux adéquat. Les médecins qui travaillent dans des OSIS sont beaucoup plus susceptibles de recevoir ce genre de renseignements que ceux qui exercent dans d’autres types d’établissements.

Conclusion

Les organismes de gestion intégrée des soins de santé s’efforcent de tirer le maximum de chaque dollar, tout comme le font les acheteurs des autres systèmes de santé. Même si cela peut entraîner des stratégies indésirables, lesquelles sont bien documentées dans les médias populaires, cela signifie également que les OSIS offrent principalement des services dont l’efficacité s’appuie fortement sur les données probantes. Bien que des exigences comme le fait de voir un seul médecin (ou groupe) et de moins utiliser les hôpitaux soient perçus comme des éléments négatifs par plusieurs patients, les OSIS novateurs trouvent des moyens créatifs et efficaces de prévenir les maladies et les complications, ce qui permet d’améliorer la santé des patients, tout en demeurant responsables financièrement.


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