Quarante-et-unième Promotion du CNESSS

Accueil du site > Actualités de la protection sociale > Le syndicat de médecins généralistes MG-France rejette l’accord (...)

Le syndicat de médecins généralistes MG-France rejette l’accord d’application du plan Douste-Blazy

vendredi 17 décembre 2004, par Claire Guélaud

L’assurance-maladie et trois organisations de praticiens libéraux ont signé, mercredi 15 décembre, le protocole qui met en place le parcours de soins coordonnés et revalorise certains honoraires.

Contrairement à ce qu’il espérait, l’ancien directeur de cabinet du ministre de la santé n’a pu "décrocher" l’adhésion du principal syndicat de généralistes, MG-France. La Fédération des médecins de France (FMF) est également non signataire.


Plus de douze heures de négociations entre l’Union nationale des caisses d’assurance-maladie (Uncam) et les syndicats médicaux ont été nécessaires, mercredi 15 décembre, pour lever les ultimes réticences des trois organisations de praticiens libéraux qui paraissaient les mieux disposées à l’égard du protocole d’accord ouvrant la voie à l’application effective du plan Douste-Blazy.

Peu avant minuit, mercredi, le directeur de l’Uncam, Frédéric Van Roekeghem, et les responsables de la CSMF, du SML et d’Alliance signaient ce texte qui met en place le parcours de soins coordonnés, revalorise les honoraires des médecins et constitue la base de la future convention médicale (Le Monde du 16 décembre 2004).

"Je souhaite que la convention proprement dite soit écrite dans les plus brefs délais, c’est-à-dire au plus tard au milieu de la semaine prochaine", a précisé M. van Roekeghem.

"INSUFFISANTES"

Le président de MG-France a critiqué "l’absence de moyens ou d’outils opérationnels pour les médecins généralistes au regard du rôle qu’ils tiennent déjà" et que le plan Douste-Blazy va renforcer en matière de coordination et de permanence des soins comme de tenue du dossier médical personnel (DMP).

Le docteur Pierre Costes, président du syndicat, a jugé "insuffisantes" les garanties en termes de tarifs, de délais de prise en charge ou de retour d’informations qui sont prévues pour les patients adressés par leur médecin traitant à un spécialiste. Il a aussi regretté que la maîtrise médicalisée des dépenses repose "uniquement" sur les généralistes.

Mais c’est surtout la suppression annoncée du médecin référent, mis en place par le gouvernement Jospin en 1998, qui a emporté la décision de M. Costes. MG-France avait été la seule organisation de praticiens libéraux à soutenir cette réforme, combattue par la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et par le conseil de l’Ordre des médecins, et dans laquelle 7 000 des 55 000 généralistes exerçant en libéral et plus d’un million d’assurés sociaux sont impliqués.

"Pour les malades, le dispositif du médecin référent présente plus d’avantages que celui du médecin traitant. Qu’il s’agisse de l’accès aux soins, du dossier médical, des possibilités de tiers payant ou encore des garanties offertes en termes de formation et d’activité modérée des praticiens", a fait valoir, mercredi, M. Costes.

Même s’il revendique, à juste titre, sa qualité de syndicat professionnel, MG-France passe pour être proche de la gauche, comme la CSMF passe pour être proche de la droite : ces proximités idéologiques ont vraisemblablement pesé dans le déroulement de la négociation et dans le positionnement final des uns et des autres.

MG-France partage avec la FMF la conviction que les généralistes bénéficient de revalorisations insuffisantes au regard de celles accordées aux spécialistes, après dix à quinze ans de blocage de leurs tarifs. S’il a salué la qualité d’"écoute" du directeur de l’Uncam, le président de la FMF, le docteur Jean-Claude Regi, a réitéré sa demande de création d’un secteur unique d’activité assorti d’honoraires modulables. Et réclamé à nouveau une fenêtre de réouverture du secteur II, à honoraires libres, pour tous les médecins libéraux.

Quant aux signataires, ils se sont félicités, par la voix du docteur Michel Chassang (CSMF), du "tournant majeur" que constitue, à leurs yeux, l’accord du 15 décembre.

Signature de ce texte, ralentissement confirmé du rythme d’évolution des dépenses maladie, parution de 90 % des décrets d’application de la loi du 13 août 2004 et prochaine mise en place de la haute autorité en santé : Philippe Douste-Blazy ne cachait pas, mercredi, sa satisfaction.

Claire Guélaud


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette