Quarante-et-unième Promotion du CNESSS

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Veinotoniques

vendredi 19 novembre 2004, par Que choisir

Les labos montent au créneau

Mars 2004, La maladie veineuse, association créée par l’industrie pharmaceutique dix ans plus tôt pour promouvoir ses produits sous couvert d’informations sur ladite maladie, invite, avec une insistance toute particulière, la presse à une table ronde intitulée « Remise en question de la prise en charge de la maladie veineuse. »

Les messages délivrés à cette occasion étaient les suivants : la quasi-totalité des patients sont satisfaits de leur traitement par veinotoniques ; 85 % des personnes qui prennent ces médicaments sont des femmes aux revenus modestes ; le déremboursement des veinotoniques entraînerait un report de prescription vers des médicaments plus onéreux.

A l’origine de cette action de lobbying, la perspective du déremboursement des veinotoniques, théoriquement programmé pour début 2005. Dans la grande réévaluation des médicaments achevée en 1999 par la Commission de la transparence, ces spécialités, dont l’indication officielle est l’insuffisance veineuse, s’étaient vu accoler l’étiquette : service médical rendu (SMR) insuffisant. Ils devaient faire l’objet de la dernière charrette de déremboursement. Les laboratoires fabriquant la cinquantaine de veinotoniques encore sur le marché sont donc montés au créneau en présentant études et enquêtes hautement discutables, tendant à accréditer l’idée que le déremboursement de ces médicaments poserait un grave problème de santé publique. Allant jusqu’à affirmer que les veinotoniques jouent « un rôle dans le traitement des complications de la maladie veineuse, notamment de l’ulcère veineux ». Or, ces médicaments n’ont jamais fait la preuve d’une telle efficacité.

« Il n’existe aucun essai valable publié dans une grande revue démontrant un effet sur l’aggravation des varices, leurs complications ou sur la survenue de phlébites, affirme sans ambages le Pr Joseph Emmerich, cardiologue à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris. Ces médicaments ont peut-être, au mieux ; un petit effet sur les symptômes fonctionnels. Ce qui ne justifie absolument pas qu’ils soient remboursés. »

Depuis un an, la Commission de la transparence procède à une réévaluation des médicaments estampillés « SMR insuffisant ». La décision finale de les rembourser ou non devait tomber l’été dernier.

Devant le silence radio concernant les veinotoniques, on peut craindre que la campagne des laboratoires ait été entendue et imaginer le pire.


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