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L’année bissextile, une idée due à Jules César

vendredi 5 mars 2004


Rendons à César ce qui appartient à César : c’est en effet à l’homme d’Etat romain que nous devons l’initiative qui aboutit à l’ajout, tous les quatre ans, d’une journée au mois de février, comme cela sera le cas ce dimanche, pour rattraper le décalage entre l’année solaire et le calendrier civil.L’année tropique (rotation de la Terre autour du Soleil), à la base des calculs pour les calendriers, va d’un passage du Soleil au point vernal (ou équinoxe de printemps) au passage suivant. La durée précise de l’année terrestre est de 365 jours 5 heures 48 minutes et 48 secondes, soit 365, 24221935 jours.

Avant le calendrier julien, instauré sous Jules César, les Romains utilisaient le calendrier archaïque de Numa (du nom du roi sabin Numa Pompilius), de 355 jours, soit douze mois lunaires. Le retard par rapport au calendrier solaire était compensé par des mois intercalaires fixés par un groupe de prêtres, les pontifes. Au moment des guerres civiles, ce système s’est déréglé. En l’an 45 avant notre ère, César et le Grand pontife firent appel à l’astronome grec Sosigène d’Alexandrie pour lui demander de trouver une solution pratique au décalage, devenu trop important.

Sosigène créa alors l’année de 365 jours, plus une journée intercalaire tous les quatre ans, placée entre le 24 et le 25 février. Comme les Romains comptaient les jours "à l’envers", pour savoir combien il en restait avant telle ou telle date fixe, par rapport aux "kalendes", en l’occurrence le 1er mars, le 24 février était le sixième jour avant celui-ci ("ante diem sextum Kalendas Martias", a. d. VI Kal. Mart en abréviation).

Le jour intercalaire devint alors "ante diem bis sextum Kalendas Martias", sixième jour bis avant le début mars, et l’année marquée par cet ajout au calendrier devint "annus bissextilis", année bissextile. Le calendrier julien attribuait donc à l’année une durée moyenne arrondie de 365, 25 jours, qui provoquait un décalage d’une semaine environ par millénaire.

Il est néanmoins resté d’utilisation générale en Europe jusqu’à la promulgation, en 1582, par le pape Grégoire XIII, du calendrier grégorien. Rapidement adopté par la plupart des pays catholiques, le nouveau calendrier, qui reste le nôtre, apporta un ajustement en décidant de supprimer les années bissextiles pour les années qui sont des multiples de 100 sans être des multiples de 400. Ainsi, 2000 ou 2004 sont des années bisextiles, contrairement à 1900 et à 2100, par exemple.

Cela aboutit toujours à un excès de trois jours en 10.000 ans, mais en raison d’un raccourcissement de l’année tropique d’une demi-seconde, de l’allongement du jour de 0, OO16 seconde par siècle et des incertitudes sur la durée de l’année dans cent siècles, nous pouvons vivre tranquillement avec cette marge d’erreur au quotidien...

D’autant que, depuis 1972, pour des besoins d’indications horaires ultraprécises, les fantaisies de notre planète, qui ne tourne pas avec une régularité absolue, sont suivies de près par le Service international de la rotation de la Terre, à Paris, qui fait avancer ou retarder d’une seconde, tous les six à soixante mois, au dernier moment, la journée du 30 juin ou du 31 décembre.


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