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La " mondialisation "

mardi 23 mars 2004, par Médecins du monde


Ce qu’on désigne par le terme de mondialisation est un processus historique : depuis des centaines d’années, la mondialisation - contraction de l’espace et du temps - se construit ; elle est le fruit des voyages, du commerce, des migrations, de l’expansion des cultures, de la propagation du savoir et des découvertes. Mais la mondialisation dont on parle surtout aujourd’hui se caractérise par le développement des échanges de biens et services entre des économies de plus en plus ouvertes et dépendantes. Les flux commerciaux ont en effet connu une croissance annuelle moyenne spectaculaire sur la période 1945-1970, principalement grâce à la mise en place d’un système monétaire international stable (Bretton Woods, 1944), à la coopération mondiale en matière commerciale (rounds du GATT), au développement d’ententes régionales (CEE, ALENA, Mercosur) et à l’amélioration des moyens de transport (baisse du coût du fret).

Ce phénomène de mondialisation a connu un essor remarquable depuis une vingtaine d’années avec la fin du système de Bretton Woods et le nouveau système financier international, puis la diffusion du modèle libéral, suite à la chute du mur de Berlin en 1989. En 1974, les Etats Unis impulsent la dérégulation générale de l’économie c’est-à-dire l’absence de tout contrôle sur les mouvements de capitaux ; celle-ci, accompagnée de la baisse du coût des transports et des communications, et de la tendance à la privatisation, a entraîné un boom spectaculaire des échanges financiers. Avec le développement des réseaux électroniques qui suppriment les contraintes de temps et d’espace, on passe d’une économie internationale à une économie mondialisée.

La mondialisation se définit donc principalement par ses flux transnationaux :

- les flux d’industrie car la production à l’échelle mondiale passe désormais par la mise en place de réseaux et la division internationale des processus productifs.

- les flux de capitaux qui ont fortement augmenté du fait du flottement généralisé des monnaies et de la déréglementation boursière. Aujourd’hui, ce sont plus de 1 000 milliards de dollars qui circulent quotidiennement entre New York, Tokyo, Londres et Paris.

- les flux d’information : l’explosion des moyens de communication et d’information est un puissant facteur d’unification de l’espace mondial. Internet en est le dernier exemple en date.

- les flux d’individus : le poids des migrations est considérable. Dans son rapport de 2000, le Fonds des Nations Unies pour la Population évaluait à plus de 125 millions le nombre de personnes vivant à l’étranger. La mondialisation a entraîné une interdépendance croissante au niveau du globe. Désormais, toute crise politique, financière ou économique risque de se transformer en crise systémique et se répercuter sur les autres pays. Le phénomène de contagion dans la crise financière asiatique en 1997 en est l’illustration, et le fait que les organisations internationales comme le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale aient réagi immédiatement pour juguler la crise n’est pas anodin. En effet, l’interdépendance actuelle est telle que chaque problème se transforme rapidement en défi global. Parmi ces défis globaux, affectant tous les Etats, on trouve l’écologie, la drogue, le terrorisme, les conflits inter-ethniques... mais aussi la maladie. Parce que ces problèmes concernent chaque Etat, ils ont besoin de réponses globales. Face à la maladie qui ne connaît pas de frontières, il faut mondialiser la santé. La mondialisation ne doit pas être simplement une mondialisation des échanges commerciaux, mais elle doit intégrer aussi une dimension éthique, politique, sociale et environnementale.

C’est le point de vue adopté par Médecins du Monde.


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