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Les lâchers d’ours slovènes vont se poursuivre dans les Pyrénées

mercredi 24 mai 2006, par Jean-Pierre Vélicitat

Les lâchers d’ours slovènes vont se poursuivre dans les Pyrénées, le Conseil d’Etat ayant autorisé le ministère de l’Ecologie à le faire, rejetant ainsi la requête des éleveurs de la région.

"La requête de la Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne et autres est rejetée", a annoncé mardi le Conseil d’Etat, après avoir examiné samedi en référé (procédure d’urgence) une requête demandant la suspension de l’introduction de trois nouveaux ours slovènes, déposée par une trentaine d’associations et de communes des Pyrénées et le Conseil général de l’Ariège.


La ministre de l’Ecologie Nelly Olin a aussitôt indiqué que le plan de renforcement de l’ours se poursuivrait "dans les meilleurs délais". "Ces meilleurs délais me permettent de prendre les précautions nécessaires pour qu’il n’y ait pas de dommage ni d’agitation inutile qui mettrait en danger la sécurité des personnes", a-t-elle toutefois ajouté, précisant qu’une équipe technique de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage était restée en Slovénie, prête à capturer la prochaine ourse attendue en France.

Deux des cinq ours prévus sont arrivés les 25 et 28 avril, deux femelles et un mâle sont encore attendus. Les éleveurs demandaient l’annulation de la décision du ministère d’introduire ces cinq ours dans les Pyrénées ainsi que la suspension immédiate des opérations en cours.

Sur le fond, le Conseil d’Etat a considéré qu’il "n’appartient pas au juge des référés d’apprécier l’opportunité" d’interdire le plan mistériel.

Le réseau Action Nature s’est aussitôt "réjoui" de cette décision, estimant le plan ours "tout à fait crucial pour la survie de l’espèce dans l’hexagone". De même, le maire d’Arbas (Haute-Garonne) François Arcangeli, également président de l’Adet-Pays de l’ours, qui devait accueillir Palouma, s’est dit "très satisfait".

Déçus en revanche, les opposants ont aussitôt réaffirmé leur détermination à gêner les opérations : "Nous ferons tout pour gêner les futures réintroductions, notamment des barrages, c’est clair net et précis", a prévenu Francis Ader, président de l’ADIP (Association de défense de l’identité pyrénéenne).

La fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles a confirmé de son côté la manifestation prévue samedi à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).

Les éleveurs estimaient notamment que les opérations devaient être suspendues, car elles intervenaient au moment même de la transhumance des troupeaux, et qu’ils n’avaient pas eu le temps de prendre des mesures efficaces de protection.

Dans son ordonnance rejetant cette requête, le Conseil d’Etat a considéré que l’ours "figure bien au nombre des espèces (...) vis-à-vis desquelles l’Etat s’est engagé sur le plan international à assurer la conservation particulière".

Il a évoqué en deuxième lieu "la concertation conduite à l’égard des élus et des populations elles-mêmes depuis février 2005" et, en troisième lieu, les "mesures prises pour prévenir et réparer les conséquences dommageables pouvant résulter du maintien de la population ursine".

Et il a estimé que "les différents moyens invoqués à l’encontre de la décision contestée ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à sa légalité".

"Je ne tire, ce soir, pas de gloire", a souligné Mme Olin. "Nous avons un vrai souci de biodiversité et de renforcement de population ursine. Ce n’est pas une victoire mais enfin on peut poursuivre ce plan qui me paraît indispensable", a-t-elle commenté


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